Protège ta voix et tes images contre l’IA !

ScèneSuisse donne 12 conseils simples pour protéger, en tant qu’artiste, tes données, tes images et ta voix contre l’accès et les abus de l’IA.

Les entreprises d’IA ratissent Internet sans relâche à la recherche de données – images, voix, textes – pour entraîner leurs modèles. Les sociétés de production créent de plus en plus souvent des contenus générés par l’IA, en partie à partir des données des interprètes. ScèneSuisse te montre comment te protéger contre les abus.

1. Protéger ton site web contre les robots d’exploration de l’IA
Les entreprises d’IA parcourent automatiquement les sites web à la recherche d’images et de textes. Tu peux indiquer à ces «crawlers» qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser ton site. Cela fonctionne avec les prestataires sérieux, mais ce n’est pas une garantie.

Voici les options chez les prestataires les plus courants en Suisse. Les noms de menus ont pu changer. Dans ce cas, cherche dans l’aide du prestataire «bloquer les robots d’IA» ou «AI crawlers».

  • WordPress.com : va dans Réglages → Général, active «Empêcher le partage avec des tiers» (Prevent third-party sharing) et enregistre.
  • WordPress sur hébergement propre : cherche «Block AI crawlers» sous Extensions → Ajouter, puis active l’extension. Le plus souvent, les réglages par défaut suffisent.
  • Squarespace : ouvre les paramètres du site et cherche la rubrique «Crawlers». Active l’option qui bloque les robots d’IA et enregistre.
  • Cloudflare : va dans Security → Bots et active «Block AI Bots». C’est gratuit.
  • Wix, Jimdo, Webflow, Infomaniak : ces prestataires ne proposent pas d’option conviviale; il faut adapter le site via du code. Demande de l’aide au support ou à une personne à l’aise avec la technique, ou change de prestataire.

2. Des clauses sur l’IA dans chaque contrat
Dans chaque contrat de production, fais inscrire par écrit que les enregistrements, ton image et ta voix ne peuvent être utilisés ni pour l’entraînement, ni pour le clonage, ni pour des doubles synthétiques. Un consentement ne vaut que pour la production et la finalité mentionnées.

3. Utiliser les modules de ScèneSuisse
Consulte szeneschweiz.ch pour connaître les modules de contrat et les clauses sur l’IA actuels, et intègre-les à ton contrat. En cas de doute, adresse-toi directement au secrétariat de l’association. Il te conseillera ou te renverra vers une personne spécialisée.

4. Régler séparément les doubles numériques et les clones vocaux
Exige pour les doubles numériques un consentement distinct et une rémunération propre. Une limitation dans le temps, une obligation de suppression à la fin du projet et un droit de contrôle en font partie. Cela vaut aussi pour les données de capture de mouvement.

5. Ne publier que des images en basse résolution
Ne mets en ligne que des images en résolution réduite (p. ex. 1000 pixels de large au maximum) et munies d’un filigrane visible. Sur les réseaux sociaux, tu ne peux pas le régler via les paramètres: seule la prudence quant à ce que tu publies t’aide ici.

6. Apposer des filigranes visibles
Canva (canva.com) est un outil gratuit, simple et convivial pour ajouter des filigranes visibles à tes images de portfolio. Tu peux aussi utiliser l’application «Marksy». Pour un traitement plus professionnel, on recommande le logiciel gratuit Gimp (gimp.org) ou les applications connues, mais coûteuses, Lightroom (exportation avec filigrane) et Photoshop.

7. Filigranes invisibles et preuves d’origine
Si tu transmets des images en haute résolution, protège-les par des filigranes numériques intégrés au fichier. Digimarc (digimarc.com) ou Imatag (imatag.com) y intègrent des signatures invisibles. Adobe Content Credentials (contentauthenticity.adobe.com) consigne la paternité et les modifications.

8. «Camoufler» les images contre l’entraînement des IA
Des applications comme Glaze et Nightshade (glaze.cs.uchicago.edu, gratuites) peuvent modifier les images de sorte que les modèles d’IA les analysent moins bien. Ce n’est pas une protection complète, mais cela aide contre l’aspiration systématique de tes images.

9. Protéger ta voix
Ne remets pas d’échantillons vocaux longs et propres sans contrat. Lors de prestations en direct, assure-toi que l’utilisation des enregistrements vidéo et audio est réglée par contrat. Pour les mandats de voix, vérifie si l’enregistrement est libéré pour l’entraînement d’IA.

10. Régler le doublage par IA et les versions linguistiques
Précise dans le contrat si, et dans quelles langues, ta voix et ton jeu peuvent être utilisés pour des doublages par IA. Exige un consentement et une rémunération distincts, exclus toute intervention sur le visage et les expressions sans consentement, et fais-toi présenter les versions IA pour contrôle avant leur publication.

11. Faire des recherches régulières
Utilise la recherche d’images inversée (Google Lens, TinEye) et le service «Have I Been Trained» pour détecter tôt les abus. Documente les résultats avec des captures d’écran, la date et l’URL, puis adresse-toi à ton association ou à ton représentant juridique.

12. Être juridiquement préparé·e
En Suisse, le droit à l’image et les droits de la personnalité (art. 28 CC), la loi sur la protection des données (LPD) et le droit d’auteur te protègent. En cas de violation, l’association, la protection juridique ou un·e avocat·e spécialisé·e en droit des médias et des technologies de l’information peuvent t’aider. Tu peux demander aux plateformes de supprimer des contenus (takedown).

Remarque : ceci ne constitue pas un conseil juridique. Les liens mènent aux pages d’accueil des prestataires, car les pages d’aide changent souvent.

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