Suisseculture gegen Blochers Initiative
Suisseculturet sagt Nein zu Blochers Neutralitätsinitiative. Kultur ist auf internationalen Austausch und verlässliche Beziehungen angewiesen.
Koproduktionen, Festivals, Tourneen, Leihgaben oder Übersetzungen setzten gegenseitiges Vertrauen zwischen Staaten voraus, argumentiert der Verband. Zwar würde die Initiative solche Kooperationen nicht unmittelbar einschränken, wohl aber den aussenpolitischen Handlungsspielraum der Schweiz insgesamt verengen. Zudem seien Kulturschaffende in Kriegsgebieten selbst von Zensur, Verfolgung und Zerstörung betroffen – ein Grund, weshalb die Schweiz auf schwere Völkerrechtsverletzungen reagieren können müsse.
Kern der Initiative aus dem Umfeld der SVP, Impfgegner-Gruppen und Pro-Russland-Agitatoren ist die Forderung, die Neutralität „dauerhaft, bewaffnet und umfassend“ in der Verfassung zu verankern. Wirtschaftssanktionen wären nur noch zulässig, wenn sie vom UNO-Sicherheitsrat beschlossen werden; ein Beitritt zu oder eine Zusammenarbeit mit Militärbündnissen wie der Nato wäre grundsätzlich ausgeschlossen. Auslöser war aus Sicht der Initianten die weitgehende Übernahme der EU-Sanktionen gegen Russland nach dessen Angriff auf die Ukraine.
Putins Knechte
Überschattet wird der Abstimmungskampf zudem von Einmischungsversuchen aus Russland. Wie SRF, NZZ und Blick übereinstimmend berichten, warben in den vergangenen Wochen die russische Botschaft in Bern, Aussenamtssprecherin Maria Sacharowa sowie das staatsnahe Portal Russia Today wiederholt offen für die Initiative – mit dem Narrativ, erst eine Distanzierung vom Westen mache die Schweiz wieder zur glaubwürdigen Vermittlerin. Das Staatssekretariat für Sicherheitspolitik bestätigte gegenüber SRF, ausländische Desinformation mit gezieltem Schweiz-Bezug nehme zu; die sicherheitspolitische Kommission des Nationalrats zeigte sich besorgt und verlangt vom Bundesrat mehr Mittel zur Erkennung solcher Einflussnahme.
Auf Telegram kursierten laut NZZ zudem manipulative, teils falsche Beiträge im Umfeld der Kampagne. Das Nein-Komitee nutzt die russische Einmischung seinerseits im Wahlkampf: SP-Co-Präsident Cédric Wermuth sprach von einer „Pro-Putin-Initiative“. Die Initianten selbst weisen eine Steuerung durch den Kreml zurück; Experten wie der Politikwissenschaftler Marko Ković warnen jedoch, dass schon wenige russische Wortmeldungen dank ihrer Aufnahme durch Schweizer Medien eine überproportionale Wirkung entfalten könnten.
Zivilgesellschaft gegen Initiative
Suisseculture reiht sich damit in ein breites Gegner-Bündnis ein, dem SP, FDP, Mitte, Grüne und GLP sowie Wirtschaftsverbände angehören. Eine erste SRG-Umfrage von GFS Bern sah Mitte August eine Mehrheit für ein Nein, wobei insbesondere die Sorge um den aussenpolitischen Handlungsspielraum bei den Befragten verfing. Auch der Bundesrat lehnt die Initiative ab und will die bisherige, flexiblere Neutralitätspraxis beibehalten.
Suisseculture dit non à l’initiative sur la neutralité de Blocher
Coproductions, festivals, tournées, prêts d’œuvres ou traductions présupposent une confiance mutuelle entre États, fait valoir l’association faîtière. L’initiative ne restreindrait certes pas directement ces coopérations, mais elle réduirait la marge de manœuvre globale de la Suisse en matière de politique étrangère. De plus, les acteurs culturels dans les zones de guerre sont eux-mêmes touchés par la censure, la persécution et la destruction — une raison pour laquelle la Suisse doit pouvoir réagir face à de graves violations du droit international.
L’initiative, portée par un comité proche de l’UDC, demande d’ancrer dans la Constitution une neutralité « permanente, armée et intégrale ». Les sanctions économiques ne seraient plus admissibles que si elles sont décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU ; une adhésion à une alliance militaire comme l’OTAN, ou une coopération avec celle-ci, serait par principe exclue. Selon les initiants, l’élément déclencheur a été la reprise, dans une large mesure, des sanctions de l’UE contre la Russie après son attaque de l’Ukraine.
Au-delà des milieux UDC, l’initiative est aussi activement soutenue par des mouvements nés durant la pandémie de Covid : MASS-VOLL!, autour de Nicolas Rimoldi, et les Amis de la Constitution (Freunde der Verfassung) ont donné le mot d’ordre du oui et mobilisent via leurs propres campagnes, soirées d’information et réseaux. Pour ces groupements, la thématique de la neutralité prolonge directement leur combat antérieur contre les mesures sanitaires étatiques : ils invoquent la protection de la liberté individuelle et de la souveraineté nationale, qu’ils estiment menacées aussi bien par les prétendus « diktats » d’organisations internationales comme l’OMS que par la reprise de sanctions internationales. La proximité entre les milieux UDC traditionnels et la frange plus radicale de la mouvance anti-mesures sanitaires suscite des débats et des prises de distance au sein de l’échiquier politique établi — une élue vertes-libérales zurichoise a d’ailleurs récemment quitté son parti sur fond de désaccord autour de l’initiative.
Les valets de Poutine
La campagne de votation est en outre assombrie par des tentatives d’ingérence venues de Russie. Comme le rapportent de concert la SRF, la NZZ et Blick, l’ambassade de Russie à Berne, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, ainsi que le portail proche du pouvoir Russia Today, ont fait ces dernières semaines ouvertement la promotion de l’initiative — avec le récit selon lequel seule une prise de distance vis-à-vis de l’Occident permettrait à la Suisse de retrouver son rôle de médiatrice crédible. Le Secrétariat d’État à la politique de sécurité a confirmé à la SRF que la désinformation étrangère ciblant spécifiquement la Suisse était en augmentation ; la Commission de politique de sécurité du Conseil national s’est dite préoccupée et réclame du Conseil fédéral davantage de moyens pour détecter ce type d’influence.
Selon la NZZ, des contenus manipulatoires, parfois faux, ont également circulé sur Telegram en marge de la campagne. Le comité du camp du non utilise de son côté cette ingérence russe dans sa propre campagne : le coprésident du PS Cédric Wermuth a parlé d’une « initiative pro-Poutine ». Les initiants eux-mêmes rejettent l’idée d’un pilotage par le Kremlin ; des experts comme le politologue Marko Ković avertissent toutefois que même quelques prises de position russes peuvent avoir un effet disproportionné, du fait de leur reprise par les médias suisses.
La société civile contre l’initiative
Suisseculture rejoint ainsi une large alliance d’opposants, à laquelle appartiennent le PS, le PLR, le Centre, les Verts et les Vert’libéraux, ainsi que des associations économiques. Un premier sondage SSR réalisé par gfs.bern, mi-août, indiquait une majorité en faveur du non, la crainte d’une réduction de la marge de manœuvre en politique étrangère ayant particulièrement convaincu les personnes interrogées. Le Conseil fédéral rejette lui aussi l’initiative et souhaite maintenir la pratique actuelle, plus flexible, de la neutralité.



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